Le Tabla
Le tabla fait partie des instrument à percussion (avanadha). Utilisé pour l'accompagnement rythmique de la musique classique et semi-classique hindoustani, ainsi que pour des formes musicales plus populaires, il a pris une importance considérable en Inde et devient très apprécié dans nos musiques occidentales actuelles. Bien qu'il semble que des tambours similaires apparaissent déjà dans des sculptures du VIème et VIIème siècles, son origine certaine remonte au XIIème siècles, sa forme actuelle apparaît au XVIIIème siècles après avoir été modifiée plusieurs fois. L'instrument est composé de deux tambours de forme oblongue, le tabla (ou dayan), que l'on frappe avec la main droite, et le bayan, frappé avec la main gauche. La tension de la peau, et donc la hauteur de la note est calée sur la tonique du raga. Le bayan, qui correspond à la basse, est plus large et peut être construit en terre, en bois, ou, le plus souvent aujourd'hui, en métal. La pastille noire (syahi), centrale sur le tabla, et excentrée sur le bayan. Cette pastille aide à l'obtention d'une sonorité presque cristalline. Le tabla produit une étonnante variété de nuances par plus de vingt sortes de frappes différentes : avec le poignet ou la paume, du bout ou du plat des doigts, en frappant ou pressant, sur le bord ou le centre.

Le Sitar
Le sitar est l'instrument le plus populaire de la musique hindoustani. Le mot vient du persan sehtar qui signifie littéralement "trois cordes". On dit qu'il a été inventé par le fameux poète et musicien Amir Khusro au XIVème siècle, mais il n'apparaît véritablement qu'au XVIIIème siècle, et acquiert sa forme définitive dans le courant du siècle suivant. C'est un luth dont la caisse de résonance principale est faite d'une calebasse recouverte de bois fin. Son long manche est muni de 20 frettes amovibles, de sept cordes mélodiques que l'on pince avec un onglet de métal porté au bout du doigt, et de 19 cordes sympathiques. Une calebasse plus petite est fixée au sommet du manche comme second résonateur. Sa popularité vient du fait que c'est un instrument relativement facile à jouer. Le sitariste indien Ravi Shankar est à l'origine de sa grande renommée en Occident.

Le Sarod
Le sarod semble être très ancien car on a retrouvé des représentations d'un instrument similaire sur certaines peintures à Ajanta au Ier siècle de notre ère. Il est proche du rabab, un instrument afghan ou cachemirien, et fit son apparition dans les cours royales du nord de l'Inde. Il est donc le fruit d'une longue évolution et connut encore de nombreuses transformations tout au long du siècle dernier. C'est aujourd'hui un très bel instrument qui tient une des toutes premières places dans la musique hindoustani. Taillé dans un seul morceau de bois, l'instrument est composé d'une caisse de résonance recouverte de peau de chèvre, d'un large manche qui va en se rétrécissant et dont la touche sans frettes est couverte d'une fine plaque de métal poli. Il possède quatre cordes principales que l'on pince avec un plectre ou un onglet de métal, six cordes rythmiques, et quinze cordes sympathiques, toutes en acier. Il se tient et se joue un peu à la manière d'une guitare, et possède un son chaud, très séduisant.

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